KEMETOS, LE NOUVEAU PARADIGME

LIVRE 1: FORTIFICATION  |  PARTIE 2: A la Frontière Nord

Rapport du colonel Diop

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La pression accrue des réfugiés sur les frontières communes avec la fédération des États du Maghreb rendait la situation sécuritaire tendue. La sécurité des citoyens et des institutions régionales commençait à décliner. Les forces de l’ordre, la police surtout, était constamment débordées. Et les forces paramilitaires se retrouvaient fortement sollicitées, parfois pendant 48 heures. Il fallait organiser une rotation des hommes et, ce roulement emmenait en première ligne des bleus et autres cadets afin de ne pas user les hommes les plus expérimentés. Il y avait d’importantes échauffourées ainsi que de graves incidents impliquant la mort de civils, abattus par de jeunes recrues un peu trop nerveuses face à groupe de réfugiés contestataires. Très vite, il y eut des mouvements violents, certains étaient armés et les échanges de coups de feu entre les troupes paramilitaires sous mes ordres et les insurgés risquaient de déstabiliser toute la sous-région.

Le nord du Mali et du Niger étaient des zones difficiles à contrôler malgré la flotte de drones de reconnaissance dont le gouvernement fédéral nous avait dotée. Cela demandait plus de personnel pour faire le suivi des missions de surveillance car nous avions toujours au minimum deux drones en vol d’observation. Et les drones se relayaient non stop pendant 24 heures. De plus, il fallait pouvoir apporter une réponse rapide, lorsque d’importants groupes de réfugiés fuyant l’Europe et les villes frontalières du côté maghrébin, se déversaient sur notre territoire, il fallait pouvoir les secourir, les enregistrer et s’assurer qu’aucun n’était armé. Certains étaient des passeurs connus ou des trafiquants d’armes que nous interceptions, pas toujours dans le calme. Plusieurs de mes hommes sont morts au cours de ces missions.

Les renseignements accumulés nous permirent d’avoir une cartographie des emplacements des zones de départ des réfugiés mais surtout des concentrations de passeurs ainsi que des caches d’armes. Des armes qui étaient ensuite vendues ou parfois même distribuées à certains réfugiés qui se rassemblaient en groupe d’auto défense, comme ils le prétendent mais, qui en réalité n’étaient que des passeurs tentant de se créer des zones de trafic sur le territoire de la fédération. Et la proximité de certaines agglomérations ne facilitait pas les choses. Les députés régionaux mettaient une pression continue sur les institutions de défense et de sécurité. Mes multiples demandes d’une opération préventives finirent pas être entendues. Il nous fallait une remise à niveau de la formation des forces paramilitaires, l’amélioration de nos structures d’accueil des réfugiés et une meilleure anticipation des menaces que représentaient les groupes de passeurs installés principalement dans les villes sur la frontière avec l’Égypte ainsi que celles de la fédération Maghrébine : Wath, In Guezzam, Timiaouine, Tinduf et le long de la frontière Sahraouie jusqu’au littoral atlantique.
Les zones sur la région Mauritanie-Sahraouie et Égypte étaient aisées à garder mais celles dans le sahel demeuraient une vraie passoire. Mieux colmatées pourtant toujours aussi difficiles à boucler. Nous avions identifié les deux places fortes des passeurs et trafiquants d’armes : les villes de Wath et In Guezzam qui en plus, disposent d’une excellente piste d’atterrissage. Ces deux villes se comportaient comme des États Libres, foyers d’instabilités potentielles pour notre frontière nord. Une opération conjointe fut montée avec l’armée fédérale maghrébine et la nôtre mais ne donna toutefois aucun résultat escompté. Alors, il nous fallait user d’une autre tactique, attirer tout ce petit monde de notre côté de la frontière et leur tomber dessus. Il fallait reprendre l’initiative et user d’intelligence.

 

Fait à Arlit, le 9 mai 2215

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Cheik Mbari Diop, Colonel

Commandant 3ème Régiment de Défense

Coordonnateur de Défense Zone Agadez